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tu n’es pas

август 15, 2009

Tu n’es pas une inspiration un arbre de printemps comparé à la cire
Tu n’es pas l’eau vierge qui a inondé l’île des arbres en poésie et en couleur
Tu n’es pas la saison innommable qui murmure dans le monde tout est planté même les villes
Et la pluie nous est nécessaire pour qu’elle rince les gouttes de terre ferme condamnées à jamais être des océans
Ceux qui nous transforment en fontaines de conquérants
Tu n’es pas

21 siècle
N’es pas
Plus immortel que moi et je ne suis pas un rêve à toi
Je ne marche pas dans l’enfance de celle qui se nomme moi
Et les petites conversations quand le même soir fait encore le soleil s’en aller
En laissant le peuple sans monde
à excuser le chemin

Tu n’es pas Babylone

As-tu un horizon à te dessiner des yeux
Et des yeux à voir
Le temps en arrière

As-tu des mains plus blanches que les cieux
Que ce soit la parole entre eux

As-tu un nom à accepter la punition

Le langage te défendra toute l’époque

Tu ne sais pas cacher le silence
Si tu es là
Un chaos est muet déjà

Tu n’es pas un oiseau en sable posé sur l’océan
Je veux te voir en devenir lentement et éternellement

юни 10, 2009

Le conte

Oiseau
Arrive de l`Europe

“Ayant toutes les lumières de la ville on a peur d’admettre qu`on peut se retrouver sur une place sombre et mystérieuse que seules les étoiles permettent de connaître. Obéir à la solitude obéir à la volonté c`était ma peur et mon désir. Tout étant ville je demandais devenir désert. Je courrais avec le vent je passais l`espace de mers et de cieux, mes ailes coupaient l`infinité et je devenais l`horizon – dans mon esprit dans mon corps. ”

Le Maroc au-delà de la pensée Le Maroc au-delà du temps et du mouvement Le Maroc au-delà du langage il vient comme une image de musique qui dessine les traces de montagnes et de soleil. Le chemin de la flûte emmène dans le désert… Le corps se disperse en doigts yeux oreilles et on devient mille fois soi-même sans plus exister en l`union originaire. L`on entend la respiration des fleurs et des arbres et les voit danser en silence.

Ane
Habite le Maroc

“ Je connais pas de fins et de commencements. Je n`ai pas de connaissances mais des sentiments. Ma maison étant la terre sur laquelle j`erre je suis toujours là et je ne la quitterai jamais car il n`existe que là et on y est tous… Pourtant certains l`ignorent et s`imaginent la solitude et puis s`imaginent la mort et vivent leur imagination et meurent en imagination… Moi je n`ai pas de rêves. Etant naturel, tout est réalité.”

La poussière dans les pieds mille petits tremblements les yeux répètent les mêmes vues et s`endorment en elles la voix ou l`air chaud tombe en nuit. Un ombre qui cache la lune. Un oiseau arrive au Maroc.

(L`âne envers l`oiseau en français)

– Tu viens de loin?

– Oui, de l`Europe, c`était un long chemin.

– Ah oui, c`est toujours loin l`Europe quand on ne connait que l`Europe mais si tu y reviens un jour le Maroc restera tout proche de toi.

– Es-tu allé en Europe?

– Jamais.

– Comment tu peux savoir alors?

– C`est parce que je sens la terre sous mes pieds. Je sens quand elle est triste – elle devient tout fragile et si elle est irritée elle tremble, étant heureuse elle fleurit.

– Moi je connais le ciel. Je sais comment la terre réagit à ses humeurs – s`il est gêné la terre est triste et s`il est heureux la terre fleurit. Alors je connais aussi bien la terre que toi.

– Non. Moi je ne la connais pas. Je la sens. En connaissance nous pouvons facilement nous tromper si nous trouvons qu`il nous manque de connaissance. Le sentiment est déjà complet. L`esprit occidental est celui de l`inventeur et pourtant on ne trouve que de l`ignorance. Mais viens ! Je te ferai rencontrer quelqu`un qui connait la terre. Peut-être ce serait lui que tu comprendrais mieux.

– Qui?

– Un arbre marocain. Monte sur mon dos !

– Merci mais j`ai mes ailes.

– Ah laisse-toi aller en un autre esprit ! Ne refuse pas. Ma demande a sa raison que tu ignores. Mais ton ignorance ne doit pas retourner en méfiance, la confiance vaut mieux !

(En marocain)

– Bonsoir, l`arbre. Tu dors?

– Non, je t`en prie !

– Alors je peux te présenter mon nouvel ami? Il vient de l`Europe.

– Et croit traverser le monde?

– A peu près.

(L`âne envers l`oiseau en français)

– Voila c`est mon ami l`arbre. Il ne parle que très peu français. Mais cela n`a pas d`importance, je vais traduire.

(L`arbre en marocain; l`âne traduit)

– D`après moi ce serait mieux qu’on dort premièrement. On ne comprend ou on est qu`après avoir dormi. Le sommeil a le gout de l`endroit plus que l`image réelle et puis il est preuve de la dernière.
Viens te coucher dans mes branches, l`oiseau !

Au Maroc la nuit nous donne ce qui nous manque parfois dans la journée – le silence la vue claire et le ciel transparent de notre esprit. Elle nous propose des réponses de nos inquiétudes et de nos besoins si seulement nous avons la patience de les attendre. Le Maroc nocturne c`est la foi. A nous la religion.

Des sons fabuleux réveillent le jour des rayons jouent dans l`air qui commence progressivement à danser en harmonie avec eux et apparait tout un orchestre de nature qui rit et sourit.

Un oiseau qui chante…
“ mes yeux meurent devant l`harmonie

j`ai couru pour te trouver

et maintenant je m`abandonne

en laissant toute force tout espoir

car voila

la découverte n`est que la perte

de la raison

la nature étant folie ”

(L`arbre envers l`âne en marocain)

– De quoi il chante?

– Il découvre l`harmonie ses sens souffrant.

(L`arbre en marocain; l`âne traduit)

– Chaque être est né en nature double – celle du corps et celle de l`âme. Alors il apprend tout en lui donnant un double caractère – il sépare le bien du mal, la vie de la mort, le temps de l`espace… et quand il se retrouve confronté à l`harmonie il perd la raison car la raison c`est cette séparation et définition d`une unité d`ailleurs indéfinie. La réunion des natures lui portera tout et il n`aura plus rien, plus aucun vertu, plus aucune valeur. Car il trouvera le sens de la vie dans son absence.

– L`oiseau, tu n`auras plus tes yeux… Désormais seuls tes yeux ont toi.

– Je ne comprends pas…

– Tu ne vois pas ? Tu n`as plus aucun pouvoir. Tu es libre !

– Libre en appartient a mes yeux ?

– Moi j`appartiens à la terre. Je n`obéis à aucune force et je n`ai pas de faiblesse. Car la nature est au-delà. Au-delà de la recherche et de la perte au-delà du savoir et de l`ignorance. Si tu te sépares d`elle et veux exister en la surpassant tu arriveras toujours à utiliser des moyens dont elle a les contre moyens. Mais tes yeux t`ont emmené vers elle. En obéissant à eux tu obéis à elle et pourtant elle ne te forcera jamais, elle est indifférente. C`est à toi de voir la liberté :

Une musique de folie poursuit le tremblement de l`arbre dont les feuilles mortes tombent silencieusement par terre. L`écho du Maroc sombre dans le silence. On ne le voit plus. Reste le désert.

bordeaux, 2008

paris

май 26, 2009

Comme une certaine flûte
Comme un passager qui erre
Je cours sur la nuit impondérable
Je rêve des oursons des lampes et des fanaux
Plus grands ou plus petits
Tous des chemineaux

Je me rappelle de l`ourson
Je me rappelle du conte
De la mer puis du café
Juste comme c`était

Je marche pressée
En risquant d`effilocher les chaussures d`Amélie Poulain
Et la jupe en fleurs et le soleil
Juste comme c`était

Il sentait de Paris
De l`homme de la ville
Mais pas celui que je suis
Ni un tel que tu connais ou ne connais pas

Ah comment sentent les endroits
Que j`ai pas croisés
Et dont pourtant je me rappelle si bien
On sent la mer on sent le café
Et cet ourson qui avait son conte
Et le conte avait presque un ourson

Là Paris brille fleurit et désire
Mille voyageurs descendent pour l`écouter l`examiner
L`observer et puis l`oublier…

Moi aussi
J`examine ces yeux verts gris ou bleus
Ils remuent jouent et chantent vivement
Une chanson de la rue

Je veux faire leur connaissance
Les interroger sur Paris
Sur le café la mer et les gens
Pas pareils à moi ni à eux
Ni à ceux que tu connais ou ne connais pas

Des gens avec de grands godillots blancs
Parapluies chapeaux et cheveux mouillés
Marchent en chant
Que les lampes et les fanaux
Plus grands ou plus petits
Leur murmurent
Tous des chemineaux…

Tes yeux brillants comme Paris
Serait-il leur prénom
S`ils en avaient
Tes yeux jouant
Ils connaissent les ruelles
Et toutes les bouteilles
Qui s`écoulent dans les jours de carnavals

Tes yeux ne regardent pas vers moi
Ne regardent pas…

Un court instant se ferme en cercle
Se rétrécie se vide finit
Juste sombre léger
Milles moyens de confier…

Un court instant et un long pas en tournant
Je m`en vais par là loin
Je m`en vais et je m`envole

2006

като някаква флейта,
като пътник обсебен,
тичам по безтегловната вечер.
мисля си за мечета, за лампи и фенери,
и по-малки и по-големи –
скитници те всички.
спомням си за мечето,
помня и разказа,
и кафето и морето –
просто така беше.

вървя и бързам,
бързам,ще протрия обувките на Амели Пулен,
и полата с цветята и слънцето,
просто така беше.
миришеше на Париж, на града и на човека,
но не този, който съм аз
и който ти знаеш или не знаеш.

ах как ухаят местата, където никога не съм била
и които така добре си спомням…
и мирише кафето и морето,
и това мече, което си имаше разказ,
и разказът почти си имаше мече…

а Париж сега свети, блести, ухае и мечтае
и хиляди пътници слизат да го послушат,
да го разгледат, огледат
и да забравят…

и аз гледам, разглеждам тези очи зелени,
сиви, пъстри или сини
те шават, играят и живо си пеят улична песен.
искам да се запозная с тях,
да ги питам за Париж,
за кафето и морето,
за онези хора,
не като мен или тях,
и не каквито ти знаеш или не знаеш –

хора с бели, големи и кръгли обувки,
с чадъри и шапки и мокри коси,
крачат със книги, унесени в песен,
която уличните лампи и фенери,
и по-малки и по-големи, им шепнат,
скитници те всички..

очите ти блестят като Париж –
те може би така се казват,
ако изобщо някак се наричат…
очите ти играят –
те познават онези малки улички
и всичките бутилки, които се търкалят в празничния ден.
очите ти не гледат мен,
не гледат…

някак кратък миг се заключва в кръг
и се свива, изпива, завършва,
просто потъва така лежерно
заглъхва, издъхва
и хиляди начини има да споделя…

някак кратък миг убива музиката на Париж
и колелата и децата
и кафето и морето…
те не бяха там –
потопени, уморени,
от поглед сив, син, зелен, игрив

някак кратък миг и дълга крачка във завой…
тръгвам си – ей там – далеч, далеч
почти политам…